Quatre profils, quatre solutions

Viager occupé avec ou sans rente, nue-propriété, vente à terme : ces trois formules permettent de vendre son bien tout en continuant à y vivre. Mais elles répondent à des projets de vie très différents. Lors de notre dernière chronique sur Sud Radio, Grégoire a interrogé Marine Delpont, directrice de l’Office du Viager, pour y voir plus clair.

Son conseil de départ est simple : on ne commence pas par choisir une formule. On commence par poser des questions au vendeur pour comprendre sa situation, ses besoins et ses objectifs. C’est ce qu’il souhaite privilégier qui oriente vers la bonne solution.

1. « Mes revenus ont baissé, je veux davantage chaque mois »

C’est le cas typique du retraité qui souhaite compléter sa pension. Le viager occupé avec rente est alors particulièrement adapté.

Le vendeur continue à vivre chez lui. Il perçoit un bouquet au moment de la vente, puis une rente mensuelle versée à vie. Une partie de la valeur de son patrimoine immobilier se transforme ainsi en revenus réguliers, sans quitter son logement.

2. « Je veux récupérer beaucoup de capital tout de suite »

Si la rente n’est pas une priorité, on peut s’orienter vers un viager occupé sans rente.

Le vendeur perçoit une somme importante au comptant tout en conservant l’usage de son logement. Ce capital peut financer un projet, aider ses enfants, réaliser une donation ou constituer une épargne confortable pour la suite.

3. « Je veux vendre, mais garder la possibilité de louer plus tard »

Ici, la réponse est la vente en nue-propriété avec réserve d’usufruit.
La nuance est importante. En viager occupé classique, le vendeur conserve un droit d’usage et d’habitation : il peut vivre dans le logement, mais pas le louer. Avec l’usufruit, il peut l’occuper et, s’il part plus tard, le mettre en location et percevoir les loyers.

4. « Dans 10 ans, je m’installe dans ma maison en Espagne »

Imaginons un vendeur qui vit à Paris et sait qu’il rejoindra définitivement sa résidence secondaire en Espagne dans dix ans. La vente à terme est la solution la plus adaptée.

On prévoit dès le départ que le vendeur occupe son logement pendant 10 ans. Il reçoit un capital à la vente, puis des mensualités sur une durée déterminée. Tout est fixé à l’avance : durée d’occupation, durée des paiements et montant.

C’est la grande différence avec le viager : il n’y a pas d’aléa. En viager, la rente dépend de la durée de vie du vendeur. En vente à terme, on connaît dès la signature la durée et le nombre de mensualités.

En résumé

Votre priorité La solution à étudier
Un complément de revenus chaque mois Viager occupé avec rente
Beaucoup de capital immédiatement Viager occupé sans rente
Pouvoir louer votre logement plus tard Nue-propriété avec réserve d’usufruit
Garder le logement pour une durée définie Vente à terme

Comme le résume Marine, experte du viager :

« Il n’existe pas une solution idéale pour tous, mais une solution adaptée à chaque projet de vie. D’où l’importance d’un échange approfondi avec un professionnel avant de se décider. »

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